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L'inceste désigne le rapport charnel entre proches parents ou alliés dont le mariage est prohibé par la loi.

Inceste : définition et champ d'application

En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendants et descendants et les alliés dans la même ligne (article 161 du Code civil). En ligne collatérale, le mariage est prohibé entre le frère et la sœur, entre frères et entre sœurs (article 162 du Code civil). Le mariage est également prohibé entre l'oncle et la nièce ou le neveu, et entre la tante et le neveu ou la nièce (article 163 du Code civil). On parle d'empêchement à mariage, en ce sens que l'inceste constitue un obstacle au mariage entre certaines personnes.

L'inceste absolu désigne l'union dont la prohibition ne peut être levée par une dispense (mariage entre parents en ligne directe ou entre frère et sœur). L'inceste relatif désigne l'union dont la prohibition peut être levée par une dispense.

Conséquences de l'inceste

En droit civil

Sur plan civil, le mariage incestueux est frappé de nullité.

Quant à la filiation incestueuse (c'est-à-dire lorsqu'un enfant est issu de la relation incestueuse), elle est strictement régie par la loi. En effet, la filiation ne peut être établie en même temps des 2 côtés dans le cas d'inceste absolu (entre ligne directe ou entre frères et sœurs), hypothèse pour laquelle la loi n'admet aucune dispense en faveur du mariage du père et de la mère. La prohibition exclut seulement l'établissement cumulé des filiations paternelle et maternelle mais ne prohibe pas l'établissement de l'une des 2 filiations (article 310-2 du Code civil).

Afin que l'enfant ne soit pas pénalisé par l’interdiction d'établir la double filiation, il existe la possibilité pour lui d'intenter une action aux fins de subsides contre son père envers lequel il ne peut établir sa filiation.

En droit pénal

Sur le plan procédural, la loi Perben II du 9 mars 2004 a étendu le délai de prescription des crimes de 10 à 20 ans lorsque la victime est mineure, délai qui ne commence à courir qu’à compter de la majorité de la victime.

Les articles 434-1 et suivants du Code pénal imposent à tout citoyen d’agir dès lors qu’il a connaissance de la situation d’un enfant en danger, en informant les autorités compétentes sur la situation d’un mineur. Pareillement, l’article 223-6 du Code pénal condamne toute personne qui n’a pas entrepris de démarche suffisante pour protéger le mineur alors qu’il avait connaissance de l’imminence de l’infraction.

Par ailleurs, les professionnels de santé ont l'obligation de faire un signalement par écrit, sous peine d'action judiciaire pour entrave à la justice en cas d'abstention de leur part : l’article 226-14 du Code pénal permet la levée du secret professionnel. C'est la la loi du 5 novembre 2015 qui a introduit une protection de la responsabilité civile pénale et disciplinaire des professionnels de santé en cas de signalement de soupçons de violence envers un mineur.

Sur le plan pénal, l'inceste n'est pas une infraction spécifique mais une circonstance aggravante du viol (puni de 20 ans de réclusion criminelle), des agressions sexuelles (punies de 7 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende, voire 10 ans et 150 000 € si le mineur a moins de 15 ans), ainsi que de l'infraction de mise en péril des mineurs de moins de 15 ans par atteinte sexuelle (punie de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende).

Il est, en outre, un des éléments constitutifs de l'infraction de mise en péril des mineurs de plus de 15 ans par atteinte sexuelle.

Inceste : changement de nom

La victime d'un inceste peut changer de nom dès lors qu'elle justifie d'un intérêt légitime et qu'elle soit majeure. Il suffit de produire le jugement qui condamne l'agresseur dont elle porte le nom.

Constitution du dossier

Le dossier est constitué des documents suivants :

  • la demande expresse de la victime de l'inceste, qui expose les motifs pour lesquels elle ne veut ou ne peut plus porter son nom d'origine, et indique le nouveau nom choisi ;
  • le jugement portant condamnation de l'agresseur ;
  • les actes de naissance de toutes les personnes concernées ;
  • un justificatif de la nationalité française ;
  • le bulletin n° 3 du casier judiciaire de la victime ;
  • la justification de la publication de la demande faite dans un journal officiel d'annonces légales.

Procédure à suivre

L'ensemble du dossier de la victime de l'inceste est à adresser au ministre de la Justice, soit par courrier, soit par dépôt au procureur de la République du Tribunal de grande instance du domicile de la victime. Le dossier est ensuite étudié, et il est procédé à une enquête.

Si la demande de changement de nom est acceptée:

  • un décret est pris par le Premier ministre et publié au Journal officiel ;
  • la mention du nouveau nom est portée sur les actes de l'état civil sur réquisition du procureur de la République de la commune de naissance de la victime de l'inceste.

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